Ses lèvres se détachent lentement des miennes. Hum ... j'aime ses lèvres. J'aime quand elles parcourent mon corps de baisers. J'aime les sentir sur moi à tout moment. J'aime quand elles découvrent chaque parties de mon anatomie. J'aime.
- Bon, j'y vais, dis-je tout en remettant mon jean.
Je ne prend pas la peine de le regarder. Je sais que lui me dévisage de son lit. Je sais qu'il a encore la tête appuyée sur son oreiller collé au mur, une main derrière la nuque. Et je sais qu'il me reluque les fesses, puisque je suis dos à lui. Il me reluque avec son petit sourire en coin accroché à ses lèvres. Son petit sourire en coin qui m'a séduite. Bien évidemment il n'y a pas que son sourire. Oh ça non. Sa réputation aussi.
- On fait comme d'hab ?
- Ouais. A plus, lâchais-je en partant de sa chambre.
Et voilà. La troisième fois cette semaine. Avec lui c'est particulier. D'habitude je sors avec pendant un moment et je les largue ensuite. Ou alors je les rencontre juste pour une nuit et je n'ai plus de nouvelles après. Je n'en donne pas non plus. Mais non, avec lui ça n'a rien à voir. On ne sort pas ensemble, mais on baise. Un plan cul quoi. Aussi bien pour lui que pour moi.
- Tiens l'allumeuse. T'as bien tiré ton coup ?
- Oh, la tapette. T'es pas en train de te maquiller ?
Manquait plus que lui génial ! Non vraiment merci ! Je suis super heureuse de voir sa tête de con après avoir passé un super bon moment. Comme quoi, toutes les bonnes choses ont une fin. Il me regarde de haut en bas, affalé dans le canapé marron du salon, une bouteille de coca à moitié vide à la main. On dirait un drogué. Il me dévisage. Mais lui n'a pas de sourire en coin. Lui a un air de mépris collé au visage. Il veut ma photo ou quoi ?
- T'as un problème ?
- C'est plutôt toi qui en a un, dit-il en reportant son attention sur la télévision tout en buvant le reste de sa boisson. Tu connais la sortie.
Oui je la connais. Pas besoin de me foutre à la porte j'allais sortir toute seule. Comme une grande. C'est fou à quel point je peux le détester. Lui et ses manières. Lui et ses répliques. Lui et ses critiques. Je le hais au plus haut point. Je le déteste. Lui aussi me déteste. C'est notre seul point en commun.
Je marche toute seule dans les rues de Hambourg. Ma ville natale. Je croise quelques personnes. Les mecs me dévisagent. Reluquent mon postérieur ou bien ma poitrine avantageuse. Et moi je leur fais de l'oeil ou bien je joue l'indiffèrente. Les filles, quant à elles, me lancent des regards noir. Des regards haineux. Si elles savaient combien je m'en balance. Rien à faire moi de leurs crises de jalousie. Oui je suis belle. Oui je suis riche. Oui je couche avec tout le monde. Je suis jalousée et désirée. Et je l'assume parfaitement. Je sais reconnaître mes valeurs. Mon portable vibre. Ginie. Je décroche.
- Oui Ginie ?
- On est au "César" avec Béré. Tu viens ?
- Ok j'arrive. Commandez moi une bière.
- D'accord ma chérie. A tout de suite.
- Bye, dis-je en raccrochant.
Le "César", c'est notre coin de rendez-vous en ville. Pendant les vacances. Notre coin à nous. Nous trois. Ginie, Béré de son vrai nom Bérénice et moi. Le barman est un ami proche de mon père. On a carte blanche pour ce qui est de la consommation là-bas. Les filles et moi. On forme un trio. Le trio du lycée. Tout le monde veut faire partie de notre bande très select. Mais tout le monde ne peut y rentrer. Pour ça il faut avoir la classe. Etre populaire et savoir tenir cette popularité. Bref. Pour trainer avec nous il faut être cool.
J'arrive au café. Il est bondé. Des alcooliques sont accoudés au bar tenant à peine debout. Ils se bourrent la gueule au whisky et au pastis. Faut le faire quand même. A quinze heures et quelques ! Il y en a qui n'ont vraiment rien d'autre à faire de leur journée. Bande de déprimés. Heureusement qu'ils ne représentent qu'une minorité de la clientèle du bar. La majorité, c'est nous. Les gens branchés. Les lycéens. J'avance encore dans la salle empestant la cigarette. Je m'arrête de temps en temps pour dire bonjour à des connaissances. J'apperçois le beau Lucas adossé dans le canapé d'angle. C'est le cousin d'Erwan. Un des mecs les plus en vue de la ville. Lucas est nouveau depuis juin. Mais il s'est vite intégré. Il n'est venu au lycée que pour un mois de cours. Le truc qui sert pas à grand chose. Surtout au mois de juin. Il me regarde. Me fait signe d'approcher.
- Salut ma beauté, dit-il d'un air dragueur.
- Salut beau gosse.
- Tu viens à ma petite fête samedi prochain ?
- Pas de problèmes. Je viens avec les filles.
- ça marche poupée, lance-t-il dans un clin d'oeil.
- A plus, dis-je en m'en allant.
Bien entendu je veille à ce que mon fessier suive le mouvement de ma démarche. Histoire de bien le mettre en valeur. Ce serait dommage de le cacher non ? J'apperçois enfin les filles. Je me pose à côté d'elles après leur avoir dit bonjour.
- Lucas nous invite à sa fête samedi.
- Cool. On va pouvoir en profiter, annonça joyeusement Bérénice.
- Tu m'étonnes, dis-je malicieusement.
- Gustav sera là ? demanda la rouquine, Ginie.
- Laisse mon cousin tranquille toi, compris ? dis-je en la regardant droit dans les yeux.
- Oh c'est bon je rigolais.
- T'as fais quoi cet après-midi Serena ? questionna Bérénice comme pour changer de sujet.
- La même chose qu'avant hier et avant avant hier.
- C'est un bon coup, sourit la rousse. Je me souviens encore de ma nuit avec lui.
- Et moi donc ... Il a vraiment un truc ce mec.
Oui on est toute passée dans son lit à lui. D'ailleurs tout le monde y est passé. Toutes les filles les plus branchées, il les collectionne. Lui c'est un peu moi au masculin. C'est peut-être pour ça qu'on s'entend si bien au pieu. Qui sait ? Qui se ressemble s'assemble non ?
- Par contre son frère c'est autre chose, renchérissai-je d'un air blasé tout en buvant ma bière.
- Arrête je le trouve trop canon moi ! Dommage qu'il n'est pas la même mentalité que son frère. Il y aurait plus d'une heureuse le défendit Gin.
- Canon !? Tu rigole on dirait un travelo !
- Je trouve que le style efféminé lui va super bien. D'ailleurs ça ne va qu'à lui, approuva mon autre meilleure amie.
- Moi je le trouve arrogant et prétencieux. C'est mère Thérèsa au masculin. Lui et ses principes ! Je te jure.
- En tous les cas il me propose un plan eh bien ce serait volontier, dit-elle en éclatant de rire.
On a passé la fin d'après midi comme ça. A parler de tout et de rien. A rigoler. A se moquer des autres. A se raconter les derniers ragots. Les derniers potins. A ce qu'il parait Mattew aurait une copine. Lui le coureur de jupons serait casé depuis deux mois. Tu parles. Je suis sûre et certaine que c'est juste un "amour d'été" comme on dit si bien. Il parait aussi qu'une nouvelle va faire irruption dans notre lycée. On verra bien comment elle sera. Personne ne la encore vu. Pourtant, la rentrée c'est demain matin.
Je suis rentrée chez moi vers dix huit heures. Mon père était au boulot. Il est directeur d'une chaine d'hotel importante en Allemagne. Il est en train de s'exporter en Europe. En France surtout. Le pays natal de ma mère. Je ne sais pas à quelle heure il rentre. J'aimerais quand même le voir aujourd'hui. J'ai tout préparé pour demain. Ma tenue est prête. Mon réveil est enclenché. Mon maquillage est sorti. J'ai plus qu'à manger et filer au lit. Je dois aussi téléphoner à Gustav. Mon cousin préfèré.